|
Un voyage aux pays des 1001 sciences...
Entre 632 et 732, de la frontière chinoise jusqu’au nord de l’Espagne, les Arabes ont conquis un immense territoire. Ainsi, du VIIIème au XVème siècle, cette brillante civilisation musulmane englobait une mosaïque de contrées et s’est développée au contact des riches héritages et patrimoines scientifiques de la Grèce, de la Perse, de l’Egypte et de la Mésopotamie. D’un lieu à l’autre du monde musulman, de nombreux foyers scientifiques sont nés et se sont développés avec leurs lieux de savoirs, leurs établissements d’enseignement, leurs bibliothèques, leurs hôpitaux. L’arabe devient alors la langue scientifique commune des savants d’origines régionales et religieuses diverses. C’est ainsi qu’à l’aube du XIème siècle, des instruments, des techniques et des ouvrages ont commencé à circuler et deviendront par la suite l’une des bases du renouveau des sciences en Europe. Cette fascinante exposition est donc appelée à nous montrer la diversité des exemples de ce progrès scientifique.

Photos © Benjamin Streulens

|
L'HÉRITAGE ARABO-MUSULMAN
Ce tour du monde qui est en quelque sorte proposé commence par
rendre hommage à l’apport des civilisations arabo-musulmanes aux
sciences, que ce soit la médecine, la mécanique, la chimie,
l’astronomie, les mathématiques, l’architecture, la musique ou bien
d’autres encore. Pour la plupart d’entre nous, cet apport reste
inconnu. Or, tout ce que le Moyen-Age islamique a produit comme
connaissance s’est révélé déterminant dans l’élaboration des sciences
occidentales et, au-delà, dans la construction du monde moderne.
DÉCONSTRUIRE LES STÉRÉOTYPES
Parmi les objectifs majeurs du projet, on retiendra surtout celui de
fournir des outils didactiques visant à déconstruire les stéréotypes.
Les clés pédagogiques de cette exposition sont de nature à restaurer la
mémoire amputée de l’histoire des sciences, à valoriser les identités
culturelles des populations issues du monde musulman et à prôner le
dialogue des cultures. L’événement place les relations
interculturelles sous un autre angle dans un environnement où la peur
de l’autre et du monde arabe et tout ce qui s’y rapporte domine. Il
permet d’évoquer les relations entre l’Orient et l’Occident autrement
que par le choc des civilisations.
|
CANEVAS DE L'EXPOSITION
INTRODUCTION
: Histoire des sciences arabes ou islamiques
Le terme « arabe » se justifie du fait que le langage
universel de la science était alors la langue arabe. « Islamique »
désigne quant à lui le cadre culturel dans lequel la science s’est
développée.
I. DES CLÉS POUR COMPRENDRE
-
La péninsule arabique avant l’apparition de l’islam.
Bref aperçu de la région et de ses habitants
-
La péninsule arabique à la naissance de l’islam : l’état des savoirs.
Les spécialistes de l’astronomie et de l’observation du ciel
-
Le monde intellectuel au Proche-Orient au VIIème siècle.
Les centres d’enseignement et de recherche
-
L’expansion arabe.
Conquête d’un immense territoire
-
Transmission et diffusion des savoirs.
La Maison de la Sagesse à Bagdad et les traductions en arabe
-
La langue arabe
L’arabe comme véhicule essentiel de la nouvelle pensée scientifique
-
La science dans la tradition islamique
La quête du savoir est assimilée à un devoir religieux
-
Le déclin de l’activité scientifique
Les invasions mongoles, la renaissance en Europe et l’invention de l’imprimerie
II. LE CIEL ET LA TERRE
-
Les chiffres arabes
Le système décimal indien avec neuf chiffres et le zéro
-
Les mathématiques
L’héritage grec et le développement des sciences mathématiques en Islam
-
La cartographie céleste
L’astronomie, la plus ancienne des sciences et les observatoires
-
La cartographie terrestre
Le manuel d’instruction pour tracer des cartes
III. L’HOMME DANS SON ENVIRONNEMENT
-
La médecine
Codification de la médecine dans l’ouvrage « Le Canon de la Médecine »
-
La chirurgie
Apparition d’établissements hospitaliers
-
La pharmacie
La pharmacie comme discipline à part entière
-
La chimie
Les chimistes arabes à l’origine des principales techniques de laboratoire
-
La mécanique
La problématique des moulins à vent, de l’irrigation et de l’hydraulique
CONCLUSION
La circulation des connaissances scientifiques vers l’Occident
Les manuscrits arabes sont traduits en latin particulièrement à Tolède
et à Palerme et, via les principales villes marchandes, les savoirs du
monde musulman circulent et contribuent grandement au développement
intellectuel de l’Occident.
LES CONFERENCES
20 novembre 2009 à 20h : conférence de
Chemsi Chéref-Khan
"La pensée musulmane contemporaine, entre dogmatisme et libre examen"
Abstract:
Un siècle à peine après la mort du prophète Mohammed, les Mu' tazilites, les premiers libres-penseurs de l' islam, discutaient des rapports entre la "foi" et la "raison" et débattaient notamment de la question de savoir si "le Coran est créé ou incréé".Aujourd'hui, en ce début de XXI è siècle, au coeur de l' Europe, poser cette question serait considéré comme "sacrilège" par des obscurantistes, porte-paroles autoproclamés de l' orthodoxie dogmatique..
En revanche, ceux que l'on n'hésite pas à qualifier de "nouveaux penseurs de l'islam", tentent, souvent au péril de leur vie, de mettre en valeur la "modernité endogène" de cette religion, en cherchant à la débarrasser de ses archaïsmes, en remontant aux fondements "humanistes" de son message originel.
Introduire le principe du Libre-Examen dans la pensée musulmane contemporaine, tout en respectant scrupuleusement la "foi des croyants sincères", tel est le défi qui se pose à l' islam européen de notre siècle.
4 décembre 2009 à 20h : conférence de
Ahmed Djebbar
"Les sciences arabes : des héritages anciens à leur circulation en Europe (VIIIe-XVe siècles)"
Abstract:
Dans une première partie, seront présentés les facteurs qui ont pu favoriser la naissance d’une nouvelle tradition scientifique en Méditerranée orientale puis les éléments essentiels concernant les sources scientifiques anciennes (mésopotamiennes, persanes, indiennes et surtout grecques) qui ont permis cette naissance.
Dans une seconde partie, seront exposées les grandes orientations de cette tradition dans les différentes disciplines qui ont été pratiquées.
Dans une troisième partie seront évoquées les contributions d'autres foyers scientifiques méditerranéens au développement des sciences arabes (Egypte, Andalus, Maghreb) et la circulation d'une partie de cette production scientifique en Europe à partir de la fin du XIe siècle.
Les conférences se tiendront dans la salle des mariages de l’Hôtel communal de Schaerbeek.
|