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ORCHESTRE ROYAL DE CHAMBRE DE WALLONIE
Direction : Jean-François Chamberlan
Solistes :
Jolente De Maeyer et Harriet Langley, violons, solistes de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth
Marie-Anne Dachi, clavecin



Au programme :
  • Arcangelo CORELLI (1653-1713)
    Concerto grosso en sol mineur opus 6 n° 8, "pour la nuit de Noël"
  • Jean-Sébastien BACH (1685-1750)
    Concerto n°3 en ré mineur pour 2 violons, cordes et continuo BWV 1043
  • Samuel BARBER (1910-1981)
    Adagio pour cordes op. 11
  • Piotr Ilitch TCHAÏKOVSKY (1840-1893)
    Elégie en Sol Majeur pour cordes, "à la mémoire d'Ivan Samarin"
  • Franz SCHUBERT (1797-1828)
    Cinq Danses allemandes D. 90



  • Concrètement
    ORCHESTRE ROYAL DE CHAMBRE DE WALLONIE
    13 décembre 2009 à 16h00
    Chapelle de l’Institut de la Sainte-Famille d’Helmet - Rue Chaumontel 7 – Schaerbeek

    Entrée: 12 euros / 10 euros
    Info / réservation : 02 240 34 99 ou culture@schaerbeek.irisnet.be
A l’initiative de Georges VERZIN, Echevin de la Culture et avec le soutien d’Etienne NOËL, Echevin de l’Emploi, de l’Economie et des Cultes



L'ORCHESTRE ROYAL DE CHAMBRE DE WALLONIE

Né de la grande tradition musicale, l’ORCW a été fondé en 1958 par Lola Bobesco.
Il a été dirigé par des chefs issus de cette tradition mais aussi par ceux de la nouvelle génération tels que Robin Ticciati, Jérémie Rohrer,...

Il a accompagné les plus grands musiciens et chanteurs dont José Van Dam, Mstislav Rostropovitch, Aldo Ciccolini, Mischa Maïsky, Maurice André, Arthur Grumiaux, Jean-Pierre Rampal, Paul Tortelier, Philippe Hirsshorn, Georges Octors, Janos Starker, Frank Braley, Jean-Bernard Pommier, Michel Béroff, Guidon Kremer, Augustin Dumay, Louis Lortie, Paul Goodwin, Jian Wang, Maria João Pires,…

Depuis 2003, l’orchestre bénéficie de la dynamique et de la renommée de son Directeur musical et Chef principal, Augustin Dumay, et ce jusqu’en 2013.

L’ORCW est un complice régulier du Concours Musical International Reine Elisabeth de Belgique, de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, du Festival de Wallonie, Bozar,…

Prochainement, l’ORCW sera présent en Amérique du sud, au Théâtre des Champs Elysées à Paris, au Festival de Strasbourg et de Montpellier, à Pékin,…

Sous la direction de son violon conducteur, Jean-François Chamberlan, l’ORCW se produit régulièrement en Belgique et particulièrement en Communauté française Wallonie-Bruxelles.

A Mons, sa ville de résidence, l’orchestre et le Conservatoire Royal de Mons organisent le festival d’été "Côté Cour, Côté Jardin" qui favorise l’éclosion des jeunes talents.
En collaboration avec le "Manège.Mons", l’orchestre y développe également un cycle de musique de chambre ("Mons & Merveilles") et des concerts au Théâtre Royal de Mons.



JEAN-FRANÇOIS CHAMBERLAN, DIRECTION

Jean-François Chamberlan est né à Namur en 1961. Il étudie le violon dès l’âge de 10 ans et obtient ses diplômes de violon et de musique de chambre au Conservatoire Royal de Gand.

Lauréat du Concours Dexia Axion Classic (anciennement Pro Civitate) pour le violon et la musique de chambre, élève d’Arthur Grumiaux pendant quatre ans, il entre en 1983 à l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, à l’époque dirigé par Philip Hirsshorn.

Il se produit en soliste sous la direction de chefs réputés comme Georges Octors, Jan Corazolla, Rudolf Werthen, Antonio de Almeida, Roberto Benzi, Jean-Pierre Wallez, Jean-François Paillard, Rudolf Barshaï…

Il cherche aussi à faire découvrir au public les richesses des compositeurs de notre temps et crée de nombreuses oeuvres contemporaines (Fafchamps, Lysight, Preudhomme...)

Jean-François Chamberlan est professeur de violon et de musique de chambre à l’Institut supérieur de Musique et de Pédagogie (IMEP) à Namur.

Indépendamment de ces activités, il participe à de nombreux concerts en quatuor, en trio ou en duo. Depuis 1981, il est membre de l’ensemble Rosamunde.

Jean-François Chamberlan joue sur un violon Giambattista Rogeri de 1697.


JOLENTE DE MAEYER, VIOLON

Jolente De Maeyer est née en 1984 à Bruxelles, Belgique. 
A l'âge de 4 ans, elle reçoit ses premières leçons de violon de Johan Lommelen et commence aussi à apprendre le piano. 
A l'âge de 14 ans, Jolente est invitée à continuer ses études musicales à l'école Yehudi Menuhin près de Londres. Pendant ses 4 ans à cette école, Jolente étudie avec Simon Fischer et plus tard avec Natasha Boyarsky.  Elle poursuit ses études avec Natasha Boyarsky au Royal College of Music à Londres et avec Stephan Picard à la Hochschule für Musik Hanns Eisler à Berlin.
A l'âge de 6 ans, Jolente commence à participer à différents concours nationaux et internationaux. Cette année-là elle devient la plus jeune lauréate de toujours du concours Jong Tenuto et reçoit aussi les 1ers prix du concours Charles Bériot (catégories A et B).  Plus tard elle devient aussi lauréate dans plusieurs concours internationaux comme le concours international Cardona au Portugal, le concours international Liana Issakadze en Russie (2004) et le concours international de violon Benjamin Britten à Londres (2005).
Jolente joue en tant que soliste avec l'orchestre Yehudi Menuhin, l'orchestre de la radio flamande, la Philharmonie Royale Flamande, le Symfonieorkest Vlaanderen, Nuove Musiche, le Norfolk Symphony Orchestra, le Kempisch Youth Orchestra, le Brussels Youth Orchestra , le St-Petersburg State Academic Capella Chamber Orchestra et le St-Petersburg State Academic Capella Symphony Orchestra.
Jolente a travaillé avec les chefs suivants: Etienne Siebens, Silveer Van den Broeck, Dirk Brossé, James Stobart, Michel Tilkin, Stefaan Fraas, Alexander Chernushenko et Rudolf Werthen.
En 2008, elle a joué avec le Symfonieorkest Vlaanderen avec Etienne Siebens et la Philharmonie Royale Flamande avec Philippe Herreweghe.
En Belgique, Jolente joue régulièrement au Bozar, à la Salle Elisabeth, au Singel et au Roma et a donné des concerts au Festival van Vlaanderen et au Herkenrode Festival.  Elle s'est produite en France, Italie, Russie, Portugal, Croatie, Pays-Bas, Espagne, au Wigmore Hall à Londres et au Gstaad Menuhin Festival en Suisse.
Depuis 2003, elle forme un duo avec le pianiste Nikolaas Kende et a rejoint l'ensemble de musique de chambre Frescamente en 2007.  En septembre 2008, elle entre à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth dans la section violon sous la direction d'Augustin Dumay.   Elle bénéficie d'une bourse InBev-Baillet Latour.


HARRIET LANLEY, VIOLON

Harriet Langley, âgée de 15 ans, est née à Sydney, Australie, et a commencé ses études de violon en Corée à l'âge de 4 ans. Elle étudia avec Asako Iwasawa à l'école de musique Toho Gakuin à Tokyo et pour les 5 dernières années, elle a étudié à la Manhattan School of Music à New York avec Patinka Kopec et Pinchas Zukerman.
En 2002, elle était la seule enfant invitée à jouer avec Yo-Yo Ma et Gil Shaham au Ground Zero pour la cérémonie de commémoration du 1er anniversaire du World Trade Center 9/11 qui a été retransmise sur de nombreuses chaînes de télévision.
Harriet a fait son début en radio à l'âge de 11 ans pour la station radio de musique classique de New York, WQXR.  Lauréate de plusieurs concours, notamment le Concours International Yehudi Menuhin 2006, le Premier Prix du concours de concerto pour tous les instruments à la Manhattan Schoo of Music, la Sound Symphony Solo Compétition, etc.
Depuis son début professionnel avec le Reno Philharmonic de Nevada à l'âge de 13 ans, elle s'est produite avec plusieurs orchestres dont le Sound Symphony, le Massapequa Orchestra, et le Ridgefield Symphony aux Etats Unis.  Elle est aussi un membre active de musique de chambre et a joué la partie du 1er violon dans le quintette de piano de Dvorak au Carnegie Hall à l'âge de 11 ans.
Elle a été encouragée par de nombreuses critiques journalistiques incluant le New York Times en 2006.  Elle participe fréquemment à des master-classes avec des professeurs comme Pinchas Zukerman, Zakhar Bron, Aaron Rosand, Ani Kavafian, etc.  En Belgique, elle a participé à de nombreux évènements et festivals, et a joué dans des salles prestigieuses, notamment le Palais des Beaux-Arts, Festival de Wallonie, Tour et Taxis, etc. 
Depuis 2006, elle suit les cours d'Augustin Dumay dans la section violon à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth.



AU PROGRAMME

Arcangelo CORELLI (1653-1713)
Concerto grosso en sol mineur opus 6 n° 8, "pour la nuit de Noël"

Vivace
Allegro
Adagio-Allegro-Adagio
Vivace
Allegro
Largo (Pastorale)

Né à Fusignano (Romagne) le 17 février 1653, Corelli étudia à Bologne et s'installa à Rome au plus tard en 1675. Il y devint rapidement un des solistes les plus en vue, bénéficiant notamment de la protection de la Reine Christine de Suède (à qui il dédia, en 1681, son opus 1) et du cardinal Pamphili (à qui il dédia, en 1685, son opus 2). Vers 1680, il se rendit en Allemagne. En 1690, son principal protecteur devint le cardinal Ottoboni, à qui il dédia en 1694 son opus 4 - son opus 3 l'avait été au duc de Modène. En 1708, il fit la connaissance de Haendel et rencontra Alessandro Scarlatti à Naples. Son opus 5, dédié en 1700 à l'électrice Sophie Charlotte de Brandebourg, porta l'art du violon à son apogée. Son opus 6 ne parut qu'en 1714, après sa mort. Corelli, par l'intermédiaire de ses élèves, qui en formèrent à leur tour de nombreux, marqua l'école européenne du violon jusqu'au début du XIXème siècle et devint pour beaucoup le symbole de la musique instrumentale italienne. Son influence au XVIIIème siècle, comme pédagogue mais aussi comme compositeur, est difficile à surestimer. Bach emprunta un thème de l'opus 3 n° 4 pour une fugue d'orgue (BWV 579), et le nombre de rééditions de ses oeuvres battit tous les records avant Haydn.

Les douze Concertos Grossos opus 6 parurent en 1714 chez Roger, à Amsterdam, avec une dédicace à l'électeur palatin Johann Wilhem. Certains furent sans doute exécutés dès les années 1680. Corelli ne fut pas l'inventeur du genre, déjà pratiqué par Stradella, mais il lui donna ses lettres de noblesse.
Ses concertos grossos sont tous écrits pour un "concertino" de deux violons et un violoncelle, et pour un "ripieno" de deux parties de violon, une d'alto et basse. Quatre sont en fa majeur (n°2, 6, 9 et 12), trois en majeur (n°1, 4 et 7), deux en si bémol majeur (n°5 et 11), un en ut majeur (n°10, un en ut mineur (n°3) et un en sol mineur (n°8 "pour la nuit de Noël"). Les huit premiers sont "des concertos d'église", et les quatre derniers des "concertos de chambre" avec mouvements dansants; mais en réalité, comme dans les sonates, les deux catégories convergent souvent.
Le nombre des mouvements est soit de six (numéros 1 et 8-11), soit de cinq (nos 3, 5-7 et 12), soit de quatre (numéros 2 et 4).
L’écriture oscille entre l’ancienne polyphonie et le nouveau style homophone. Les rapports entre concertino et ripieno ainsi que la disposition du concertino sont variés.
Plus encore que leur forme, c’est le style de ces oeuvres qui devait exercer une influence décisive: ce qui explique sans doute que non seulement à Rome, mais aussi à Londres où le concerto de soliste, plus dynamique, ne s’imposa qu’assez tardivement, l’Opus 6 de Corelli ait été pratiqué assidûment jusqu’au début du XIXème siècle, et même préféré à l’opus 6 de Haendel.

Le Concerto grosso en sol mineur op. 6 n° 8, "pour la nuit de Noël", a acquis une célébrité propre à cause de son titre, auquel correspond d’ailleurs plusieurs particularités musicales. Un concerto de Noël peut-être identique à l’ opus 6 n° 8 fut composé en 1690 pour le cardinal Ottoboni. Dans l’ opus 6 n° 8, le mode mineur n’est pas synonyme de drame ou de mélancolie, mais d’intimité et de nostalgie.
Il y a six mouvements, dont le dernier tranche par rapport aux autres.
  1. Vivace très bref, débouchant sur un Grave déchirant, et faisant par là, comme le dernier mouvement, exception.
  2. Allegro en imitations, d’une certaine veine populaire
  3. Adagio-Allegro-Adagio en mi bémol majeur. Les deux parties Adagio sont d’une grande sérénité et centrées sur la beauté mélodique (avec arpèges de violon), la partie centrale Allegro est à peine moins intense.
  4. Vivace, dans l’esprit du menuet, et retrouvant sol mineur 
  5. Allegro toujours en sol mineur, faisant pendant au deuxième mouvement
  6. Sans interruption, Largo (Pastorale) en sol majeur : mouvement chantant Noël, mais "facultatif", et tout à fait exceptionnel dans l’opus 6 et dans le concerto grosso en général par son usage de la tonique majeure dans une oeuvre en mineur. Cette Pastorale transporte soudain dans un autre monde.
D’après le Guide de la Musique Symphonique, Ed. Fayard, 1990


Jean-Sébastien BACH (1685-1750)
Concerto n°3 en ré mineur pour 2 violons, cordes et continuo BWV 1043

Vivace
Largo ma non tanto
Allegro

Composé aux alentours de 1720, pendant la période où Bach travaillait à la cour du Prince Léopold d'Anhalt à Cöthen, ce concerto ne dut qu'au hasard de pouvoir être reconstitué. Les partitions en étaient perdues ; heureusement, les deux parties solistes avaient été sauvées, et le fait que Bach ait transcrit l'oeuvre pour deux clavecins permit de retrouver l'instrumentation.
Ce concerto est devenu par la suite très populaire auprès des amateurs de musique.

Le Vivace s'ouvre par un thème du tutti, répété plusieurs fois par différents instruments avant l'entrée en jeu d'un deuxième thème réservé aux solistes qui l'exposent tour à tour. Un savant travail contrapuntique mène ce mouvement à sa conclusion sur la reprise finale des deux thèmes.

Le Largo est très poétique, avec son rythme de sicilienne et sa mélodie berceuse. Les solistes exposent un second thème en tierces et en sixtes puis progresseront par moments selon le procédé de l'imitation, dans une atmosphère de pureté, voire de prière. C'est l'un des plus beaux mouvements lents que Bach ait écrits.

Dans l' Allegro final, les solistes se livrent à une poursuite en canon, mais à des intervalles peu usités, ce qui, selon Hans Engel, donne une impression de nervosité sinon de colère, caractère qu'accentueront encore plus loin les triolets ascendants d'un troisième motif.

D'après le Guide de la Musique Symphonique, Ed. Fayard, 1990


Samuel BARBER (1910-1981)
Adagio pour cordes op. 11

Le compositeur américain Samuel Barber est né en Pennsylvanie (à West Chester) en 1910 et mort à New York en 1981. Très jeune encore, il obtient de nombreux prix. Prix de Rome en 1935, il gagne deux années de suite - fait sans précédent - le Prix Pulitzer en 1935 et 1936, ainsi que le privilège de pouvoir vivre de son art dès l'âge de vingt-trois ans.

Romantique par tempérament, Barber apparaît avant tout comme un compositeur à la sûreté technique sans faille, ayant un sens de la mélodie, capable d'un beau lyrisme, bien que sa musique ait été longtemps considérée comme académique et impersonnelle.

C'est à Rome, en 1936, qu'il composa un Quatuor à cordes en si mineur qui fut joué la même année. Peu après, le mouvement lent de cette oeuvre fut transcrit pour orchestre sous le titre d' Adagio pour cordes. Samuel Barber en envoya les partitions à Toscanini, désireux de mettre de la musique américaine moderne au programme de son orchestre radio-symphonique nouvellement fondé, le NBC Symphony Orchestra. La partition lui fut retournée sans commentaires au printemps 1938. Barber fut préoccupé de ce silence jusqu'au moment où il découvrit, des mois plus tard, que le maestro avait appris l'ouvrage par cœur et n'avait plus besoin de partition avant la première répétition !
Cet Adagio est devenu un classique de la musique américaine et fait partie du répertoire de nombreux orchestres. Il fut joué par l'Orchestre Philharmonique de New York sous la direction de Léonard Bernstein à l'occasion de la mort de Barber.
La structure de l' Adagio pour cordes est assez simple, puisqu'elle se compose d'un seul thème peu à peu amplifié jusqu'à un apogée, un point de tension, avant de "redescendre" vers le silence final. Ce thème est exposé immédiatement par les premiers violons, et repris par les altos, puis par les autres voix. Le développement conduit graduellement à un fortissimo dans le registre aigu des violons. Puis le calme revient et la pièce se termine dans une douce sérénité.


Piotr Ilitch TCHAIKOWSKY (1840-1893)
Elégie en Sol Majeur pour orchestre à cordes, "à la mémoire D’Ivan Samarin" (1884).
   
Composée en novembre 1884.
Ecrite pour pour violons I, violons II, altos, violoncelles; Double Basses.
Première à Moscou en décembre 1884, par Hippolyte Al'tani.
Dédiée à la mémoire d'Ivan Samarin, acteur dramatique et professeur de théâtre russe (1817- 1885)
Réutilisée comme un entracte dans la musique de scène pour Hamlet (1891).
Durée moyenne: 7 minutes

Fin 1884, la Société d'artistes de Moscou décide de fêter les cinquante ans de carrière d’Ivan Samarin, acteur dramatique qui a fait une longue et brillante carrière au théâtre Malyi à Moscou (1837-1885) et qui était également professeur de classes d'art dramatique au Conservatoire de Moscou

Tchaïkovski écrit à cette occasion une courte œuvre intitulée Un salut reconnaissant. Cette partition sera publiée après la mort d’Ivan Samarin sous le titre d’ Elégie pour orchestre à cordes, "à la mémoire D’Ivan Samarin".

En octobre 1884, Nikolai Kachkine (musicien, pédagogue, critique musical. Collègue de Tchaïkovski  au Conservatoire de Moscou, il fut son ami intime et a œuvré à promouvoir sa musique) envoie une lettre à Tchaïkovsky l’informant que les organisateurs du jubilé d’Ivan Samarin voulaient lui demander d’y prendre part. " Vous avez probablement reçu ou recevrez prochainement une lettre de Ostrovskii avec une demande de participation au jubilé d’Ivan Samarin", écrit-il. " Il y aura des œuvres spécialement écrites par [Nicolas] Vild'e, son ancien collègue Ostrovskii, et un certain nombre de tableaux de Makovskii, Prianichnikov et d'autres, un divertissement chorégraphique, et l'acte final de "La Forêt" d’Ostrovskii. Les organisateurs du jubilé veux que vous écriviez une sorte d'entracte musical".

Peu de temps après, Tchaïkovski reçoit effectivement une lettre visée par Aleksandr Ostrovskii à Saint-Pétersbourg. Il répond qu'il est profondément touché d'apprendre ces célébrations en l'honneur Ivan Samarin et qu’il "ne pouvait se sentir plus à cœur d’y prendre part". Toutefois, il est à cette époque fort préoccupé par la production de l'opéra Eugène Onéguine à Saint-Pétersbourg. Néanmoins, il promet de s’y pencher dès son retour à Moscou.

Début novembre, Tchaïkovski quitte Saint-Pétersbourg pour Davos, où son ami Iosif Kotek est gravement malade. Sur le chemin, il s'arrête à Berlin pendant quatre jours. Il y achève l’Elégie. De Munich, il écrit à son jeune frère, Modeste Tchaïkovski : " Je suis resté si longtemps à Berlin parce que j'avais besoin d'être en mesure de composer rapidement ... un entracte pour la production Samarin. Celui-ci a été fait et expédié". Selon la page de titre du manuscrit, la pièce était intitulée Un salut reconnaissant.

La première représentation de l' Elégie a été réalisée par Hippolyte Al'tani lors des festivités pour le jubilé d’Ivan Samarin en décembre 1884, quoique apparaissant sous son titre original de " Un salut reconnaissant".
Il a été imprimé par Petr Jurgenson en décembre 1890, quelques années après la mort d’Ivan Samarin. Tchaïkovski a écrit sur l'édition à Jurgenson en novembre 1890 : "Le morceau Samarin a besoin d'un nouveau titre. Ne devrait-il pas être appelé Elégie? Cela semble plus approprié. Et au-dessus la dédicace à la mémoire d'Ivan Samarin".
Ainsi ce morceau est-il apparu pour la première fois avec le titre Élégie.

En mai 1891, le même éditeur a publié un arrangement de l' Elégie pour piano solo, faite par Theodor Kirchner, et un arrangement pour piano à quatre mains faite par Eduard Langer.

En 1891, Tchaïkovski a utilisé l' Elégie comme entracte pour sa tragédie Hamlet.

De: Музыкальное наследие Чайковского (1958), pp. 299-300 
Texte anglais Copyright © 2006 Brett Langston


Franz SCHUBERT (1797-1828)
Cinq Danses allemandes avec sept trios et une coda D. 90 (1813)

" Etranger je suis venu, étranger je repars…" Ces mots, qui ouvrent Le Voyage d’hiver, le cycle de mélodies le plus bouleversant né de l’esprit d’un musicien, résument à eux seuls l’une des personnalités les plus riches et profondes de l’histoire de la musique, Franz Schubert. Le plus Viennois des compositeurs ayant vécu à Vienne, où il naquit et passa l’essentiel de son existence, n’eut guère le temps de se sentir chez lui où que ce soit. Solitaire quoique entouré d’amis fidèles, n’ayant jamais eu de domicile personnel, il fut une sorte de SDF avant la lettre. Né au tournant d’un siècle placé sous le signe de la Révolution française et de la bourgeoisie triomphante dont il allait devenir l’un des symboles, par ses lieder et ses œuvres écrites dans l’esprit "Hausmusik" (musique domestique), mort à trente et un an miné par la souffrance et la maladie, Schubert est considéré comme le premier compositeur romantique, dont il est aujourd’hui l’archétype.

Franz Schubert est né sous le règne de l’empereur François Ier d’Autriche dans un faubourg de Vienne de trois mille habitants, Lichtenthal. Il est venu au monde le 31 janvier 1797 à 13H30, dans le petit appartement n° 14 de la maison dite "Zum roten Krebsen" (A l’écrevisse rouge). Il est le quatrième des cinq enfants survivants (douzième de quatorze naissances) du couple Franz Theodor et Elisabeth Schubert. Son père, maître et directeur d’école, taquine du violoncelle et est répétiteur du chœur paroissial. Ses compétences d’enseignant lui vaudront le titre de Bourgeois de la Ville de Vienne. Franz a environ quatre ans lorsque son père acquiert à l’aide d’une hypothèque la maison "Zum schwarzen Rössel" (Au petit cheval noir) de la Säulengasse, à quelques encablures de son ancien domicile. Il y avait auparavant installé son école, dont les effectifs étaient passés de trente à cent soixante quatorze élèves auxquels il enseigne le plus souvent sans frais de scolarité, la plupart étant de famille indigente. Excellent élève, Franz reçoit à huit ans ses premières leçons de violon et d’alto de son père, qui confie sa formation vocale à Michael Holzer, chef de chœur de Lichtenthal, alors que son frère Ignaz l’initie au piano. A onze ans, doté d’une jolie voix de soprano, il est soliste du chœur paroissial. Il prend simultanément des leçons d’orgue, d’harmonie et de basse continue. En octobre 1808, son père le présente avec succès à la Chapelle impériale dont le premier maître est alors Franz Salieri – compositeur rendu célèbre par Milos Forman, qui, dans son film Amadeus et à l’exemple de Pouchkine, en a fait l’assassin de Mozart. Petit chanteur de la Chapelle de la Cour, il participe aux offices religieux de la chapelle de la Hofburg et est admis comme boursier au collège de la Ville de Vienne, le "Stadtkonvikt". La municipalité viennoise avait confié en 1802 cet établissement, sa pédagogie et son internat aux Piaristes, ordre enseignant catholique connu alors pour son dévouement en faveur des plus démunis, l’importance qu’il accordait aux sciences et la place privilégiée qu’il donnait à la musique. C’est au collège que Schubert fait la connaissance de son ami Josef von Spaun lors d’un concert au sein de l’orchestre du Stadtkonvikt dans lequel ils sont tous deux violonistes. Premier violon de cette formation jouant tous les soirs après dîner une symphonie ou une ouverture, il découvre les partitions pour orchestre de Haydn, Mozart et Beethoven, acquérant ainsi une culture musicale et une connaissance du répertoire partagée par trop peu d’enfants de son âge. Son père tient expressément à ce qu’il ne s’absente pas de l’école. Il finit néanmoins par céder en 1812 lorsque son fils lui avoue sa vocation. Trois semaines après la mort de sa femme, il accepte que Franz suive l’enseignement de Salieri dont il sera l’élève jusqu’en 1817. Mais, dès 1813, Schubert renonce à ses études au collège.

" Ni virtuose, ni savant", comme l’écrit le pianiste Alfred Brendel, Schubert s’investit dès lors sans réserve dans son travail de compositeur. Il compose alors notamment Cinq menuets avec six trios pour Quatuor à Cordes (D 89). Dans le même volume manuscrit que les Menuets (D 89), figurent Cinq Danses allemandes avec coda et sept trios pour Quatuor à Cordes (D 90). Cette œuvre, peu connue, contemporaine de la Première Symphonie, est proche de la musique populaire. A seize ans, Schubert est tout chant, tout charme et tout élégie.

D’après "Franz Schubert, notre contemporain", Bruno Serrou, www.resmusica.com




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